environments.aq Logo

Antarctic Environments Portal

Zones spécialement protégées et zones gérées spéciales de l’Antarctique (ACTUALISÉ)

Zones spécialement protégées et zones gérées spéciales de l’Antarctique (ACTUALISÉ)

Résumé d'informations

Version: 2.0

Publié: 03/04/2014 GMT

Contenu validé: 15/04/2019 GMT

Auteurs

Ewan McIvor (1), Kevin A. Hughes (2), Patricia Ortúzar (3), Polly Penhale (4), Aleks Terauds (1)

1 Australian Antarctic Division, Channel Highway, Kingston, Tasmania, 7050, Australia. Ewan.McIvor@aad.gov.au
2 British Antarctic Survey, Natural Environment Research Council, High Cross, Madingley Road, Cambridge, CB30ET, United Kingdom
3 Direccion Nacional del Antártico, Balcarce 290 Pisos 2 y 3, Buenos Aires, Argentina
4 Polar Programs, National Science Foundation, 2415 Eisenhower Avenue, Alexandria, Virginia, 22314, United States

Examiné par des pairs tick


Résumé

L’Annexe V du Protocole au Traité sur l’Antarctique relatif à la protection de l’environnement (le Protocole) établit un cadre pour la désignation de zones spécialement protégées de l’Antarctique (ZSPA) et de zones gérées spéciales de l’Antarctique (ZGSA). Ces zones ont pour but de soutenir l’objectif visant à protéger l’environnement de l’Antarctique de manière globale. Actuellement, il existe 72 ZSPA et 6 ZGSA. Les ZSPA regroupent les sites dotés de valeurs environnementales, scientifiques, historiques, esthétiques ou naturelles sauvages exceptionnelles, ou toute combinaison de ces caractéristiques, ainsi que les sites faisant l'objet de recherches scientifiques en cours ou programmées qui garantissent une protection supplémentaire en raison de ces valeurs ou contre le risque d'incidences négatives d'activités humaines. Un travail important a été effectué pour renforcer le développement d’une série représentative de ZSPA , notamment des analyses spatiales visant à identifier différents « domaines environnementaux » et des « régions de conservation biogéographiques de l'Antarctique ». Les Parties au Traité sur l'Antarctique sont convenues que ces cadres spatiaux constituent des références utiles pour orienter la désignation des ZSPA dans un cadre environnemental et géographique systématique, et le Comité pour la protection de l’environnement (CPE) a reconnu la nécessité d’adopter une approche plus systématique pour développer le système de zones protégées.


Résumé

L’isolation historique du continent antarctique lui a permis de rester protégé, dans une certaine mesure, des éventuels effets néfastes des activités humaines. Le début et l’intensification de la présence humaine dans la région ont permis de révéler son importance scientifique et environnementale mais exerce également des pressions sur les valeurs scientifiques et environnementales.

Ces valeurs bénéficient de la protection générale du Traité sur l’Antarctique et du Protocole. Ces instruments interdisent l’utilisation d’armes nucléaires, le dépôt de déchets nucléaires, l’activité militaire et l’extraction de ressources minérales. Par ailleurs, toute activité proposée doit être préalablement soumise à une évaluation d’impact sur l’environnement et il existe des mesures de protection strictes pour toutes les espèces de la faune et de la flore indigènes, ainsi que des obligations pour la gestion et l’élimination des déchets actuels et anciens. En effet, le Protocole désigne l’ensemble de la zone du Traité sur l’Antarctique (zone située au sud du 60e parallèle Sud) comme une « réserve naturelle, dédiée à la paix et à la science ».

Les Parties consultatives au Traité sur l’Antarctique ont toutefois déterminé que certaines zones de l’Antarctique nécessitaient une protection supplémentaire en raison des valeurs qu’elles abritent ou du risque que représentent les activités humaines pour ces valeurs. Par conséquent, depuis 1964, il existe une forme de système de zones protégées en Antarctique. Le cadre actuel des zones protégées est établi en vertu de l’Annexe V du Protocole (protection et gestion des zones), qui est entré en vigueur le 24 mai 2002.

L’Annexe V prévoit la désignation des zones au sein de la zone du Traité sur l’Antarctique, notamment les aires marines, comme Zone spécialement protégée de l’Antarctique (ZSPA). L’entrée sans permis dans une ZSPA est interdite et les activités doivent être menées conformément au plan de gestion de la zone.

Les ZSPA peuvent être désignées pour protéger des valeurs environnementales, scientifiques, historiques, esthétiques ou de nature à l’état sauvage exceptionnelles, une combinaison de ces valeurs ou des activités de recherche scientifique en cours ou à venir.  L'Annexe V prévoit, au sein d'un « cadre environnemental et géographique systématisé », la désignation d'une série de ZSPA qui comprend :

a. les zones encore vierges de toute intrusion humaine, pour pouvoir ultérieurement effectuer des comparaisons avec des régions qui ont été altérées par les activités humaines ;
b. des exemples représentatifs des principaux écosystèmes terrestres, notamment glaciaires et aquatiques, ainsi que des écosystèmes marins ;
c. les régions dotées de rassemblements d’espèces inhabituels ou importants, notamment de grandes colonies d’oiseaux ou de mammifères se reproduisant sur place ;
d. la localité type ou le seul habitat connu de toute espèce ;
e. les régions présentant un intérêt particulier pour des travaux de recherche en cours ou programmés ;
f. des exemples de caractéristiques géologiques, glaciologiques ou géomorphologiques exceptionnelles ;
g. les régions dont les paysages et la nature à l’état sauvage ont une valeur exceptionnelle ;
h. les sites ou monuments ayant une valeur historique reconnue ; et
i. toute autre région dont il conviendrait de protéger les valeurs environnementales, scientifiques, historiques ou esthétiques exceptionnelles, ou l'état sauvage de la nature, ou toute combinaison de ces valeurs, ainsi que toute recherche scientifique en cours ou programmée dans la zone.

L’Annexe V dispose par ailleurs que toute zone, y compris toute zone maritime, où des activités sont conduites ou susceptibles d’être conduites dans l’avenir, peut être désignée comme une Zone gérée spéciale de l’Antarctique (ZGSA) pour faciliter la planification et la coordination des activités, éviter d’éventuels conflits, améliorer la coopération entre les parties et réduire au minimum les répercussions sur l’environnement. Les ZGSA peuvent inclure des régions où les activités risquent d’empiéter les unes sur les autres ou d’avoir des répercussions cumulatives sur l’environnement, et des sites ou des monuments ayant une valeur historique reconnue. Une ZGSA peut comprendre une ou plusieurs ZSPA.

Entre autres fonctions, le CPE est chargé d’émettre des avis aux Parties au Traité sur l’Antarctique quant au fonctionnement et au développement ultérieur du système de zones protégées de l’Antarctique. Depuis sa première réunion en 1998, le CPE consacre une grande partie de ses discussions au thème de la protection et de la gestion de zones en Antarctique. Le CPE a adopté des documents servant de guides pour la désignation, la gestion et l’inspection des ZSPA et des ZGSA, notamment :

Actuellement, il existe 72 ZSPA et 6 ZGSA. Des informations sur ces zones, notamment des liens vers leurs plans de gestion, sont disponibles dans la Base de données des zones protégées de l’Antarctique, qui est tenue à jour par le Secrétariat du Traité sur l’Antarctique.

La taille des ZSPA oscille d’une hutte historique qui couvre une zone de seulement quelques dizaines de mètres carrés (ZSPA 158, Point Hutte) à une zone marine totale d’environ 916 km² (ZSPA 152, Détroit de Bransfield occidental), et couvre au total une zone d’environ 750 km². En moyenne, les ZGSA sont plus grandes, variant entre environ 159 km² (ZGSA 4, Île de la Déception) et environ 26 000 km² et couvrent une zone totale de près de 48 600 km².

La plupart des ZSPA sont situées le long des côtes, à proximité de régions où il y a des activités humaines (p. ex. des stations de recherche antarctiques), et visent à promouvoir la conservation des valeurs environnementales et / ou la conduite d’études scientifiques sans interférences issues d’autres activités humaines. En référence aux dispositions susmentionnées relatives à la désignation des ZSPA dans un cadre environnemental et géographique systématisé, la majeure partie des ZSPA sont désignées en réponse au critère c — les régions dotées de rassemblements d’espèces inhabituels ou importants, notamment des grandes colonies d’oiseaux ou de mammifères se reproduisant sur place.

Le CPE exprime régulièrement son souhait d’aller vers une approche plus systématisée pour développer davantage le système des zones protégées de l’Antarctique. La RCTA de 2008 est convenue que l’Analyse des domaines environnementaux pour le continent antarctique (ADE) (1 ; voir Figure 1) devrait être utilisée de manière cohérente et conjointement avec d’autres outils adoptés au sein du système du Traité sur l’Antarctique en tant que modèle dynamique pour l’identification des zones qui pourraient être désignées comme ZSPA au sein du cadre environnemental et géographique systématisé. L’ADE découpe le continent antarctique en 21 régions distinctes, sur la base de huit couches de données spatiales explicites qui décrivent les aspects abiotiques de l’environnement antarctique.

 

Specially protected Fig 1

Figure 1. Carte de l’Antarctique reprenant les 21 domaines environnementaux. Source : F. Morgan, G. Barker, C. Briggs, R. Price, H. Keys, "Environmental Domains of Antarctica version 2.0 Final Report," (Manaaki Whenua Landcare Research New Zealand Ltd. Disponible à l’adresse : https://www.ats.aq/documents/recatt/Att408_e.pdf, 2007).

 

De même, la RCTA est convenue que les Régions de conservation biogéographiques de l'Antarctique (RCBA) (2, 3 ; voir Figure 2) devraient être utilisées, avec l’ADE et d’autres outils adoptés, comme un modèle dynamique pour l’identification de zones qui pourraient être désignées comme ZSPA. La RCTA de 2017 a adopté la version la plus récente des RCBA, qui consistent en 16 régions biologiquement distinctes libres de glace, incluant tous les sols libres de glace compris dans la zone du Traité sur l’Antarctique, classées d'après les meilleures données disponibles concernant la répartition de la biodiversité.

Specially protected Fig 2

Figure 2. Carte de l’Antarctique présentant les 16 régions de conservation biogéographiques de l’Antarctique. Source : Terauds, A. & Lee, J.R. (2016) Antarctic biogeography revisited: updating the Antarctic Conservation Biogeographic Regions, Diversity and Distributions, 22, 836–840, DOI:10.1111/ddi.12453.


Évènements clés

1959 :

La troisième réunion du Comité scientifique sur la recherche antarctique (SCAR) indique qu’il est urgent de protéger des zones représentatives des environnements naturels de l’Antarctique.

1964 :

La IIIe RCTA adopte les Mesures agréées pour la conservation de la faune et la flore en Antarctique (Recommandation III-VIII). Le préambule à ces mesures concertées déclare la zone du Traité sur l’Antarctique comme une « zone de conservation spéciale ». L’article VIII des mesures agréées dispose de la désignation des sites d'« intérêt scientifique exceptionnel  »en tant que zones spécialement protégées (ZSP), pour leur accorder une « protection spéciale (...) afin de préserver leur système naturel écologique unique ».

1966 : 

La désignation de zones spécialement protégées commence par 15 ZSP approuvés par les Recommandations RCTA IV-1 à IV-15.

1972 :

La VIIe RCTA adopte la Recommandation VII-2, qui suggère que la série de zones spécialement protégées devrait comprendre des « exemples représentatifs des principaux systèmes écologiques terrestres et d’eau douce de l’Antarctique ». Des inquiétudes sont également soulevées sur le fait que les ZSP ne protègent que les valeurs biologiques et qu’elles ont été utilisées afin de protéger des investigations scientifiques.

1975 :

La VIIIe RCTA adopte la Recommandation VIII-3, qui établit une nouvelle catégorie de zone protégée, les sites d’intérêt scientifique spécial (SISS). Alors que les ZSP ont été largement utilisées pour protéger les valeurs biologiques, les SISS sont quant à eux des sites présentant un « intérêt scientifique exceptionnel » qui nécessite une « protection à long terme contre les interférences néfastes ».

1985 :

La XIIIe RCTA adopte la Recommandation XIII-5, qui invite le SCAR à émettre des avis scientifiques sur le système des zones protégées en Antarctique, notamment sur les SISS et les ZSP et sur l’éventualité de créer une autre catégorie de zone bénéficiant d’une protection différente.

1987 :

La XIVe RCTA discute de la nécessité d’élargir la portée de la protection des zones pour y inclure des valeurs physiques et esthétiques du paysage.

1989 :

La XVe RCTA adopte la Recommandation XV-8, qui exige des plans de gestion pour toutes les ZSP existantes et ultérieures (tel que détaillé dans la Recommandation XV-9).

La XVe RCTA adopte la Recommandation XV-10, qui prévoit que les zones présentant une « valeur particulière sur les plans géologique, glaciologique, géomorphologique, esthétique, ainsi qu’en matière de paysage et de nature à l’état sauvage » soient désignées comme des « Réserves spéciales » et invite les Parties à examiner les caractéristiques géographiques de l’Antarctique et à inclure des exemples représentatifs de ces valeurs dans une série de réserves spéciales.

La XVe RCTA adopte la Recommandation XV-11, qui prévoit la désignation de zones d’activités planifiées polyvalente (ZAPP) pour « faciliter la coordination des activités humaines dans les zones où ces activités présentent des risques d’interférence les unes avec les autres ou des risques de répercussions cumulatives sur l’environnement. »

1991 :

La XIe Réunion consultative spéciale du Traité sur l’Antarctique (RCSTA) adopte le Protocole au Traité sur l’Antarctique relatif à la protection de l’environnement. L’article 2 du Protocole désigne la zone du Traité sur l’Antarctique en tant que « réserve naturelle, consacrée à la paix et à la science ». Le CPE est chargé de fournir des avis et de formuler des recommandations aux Parties sur « le fonctionnement et le développement du système des zones protégées de l’Antarctique » (article 12, paragraphe 1 g) ). Des discussions se tiennent également quant à l’élaboration d’une annexe au Protocole afin d’intégrer les dispositions relatives à la protection des zones des Mesures adoptées, mais l’annexe n’est pas achevée pendant la réunion.

Les discussions portant sur une annexe supplémentaire au Protocole se poursuivent et se sont conclues lors de la XVIe RCTA, qui adopte l’Annexe V : Protection et gestion des Zones, jointe à la Recommandation XVI-10. Consciente que cette nouvelle annexe allait de fait remplacer les recommandations XV-10 et XV-11, la RCTA est convenue que les Parties devraient demander, sur une base volontaire, le respect des plans de gestion soumis à la réunion par les États-Unis pour une réserve spéciale sur le versant nord du massif Dufel et une zone d’activités planifiées polyvalentes dans le sud-ouest de l’île d’Anvers et les environs.

1992 :

Le SCAR et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) organisent un atelier intitulé « Développer le système des zones protégées de l’Antarctique », à Cambridge, au Royaume-Uni. Le rapport de l’atelier est présenté à la XVIIe RCTA dans le document XVIIe RCTA/WP4.

1998 :

Le Protocole au Traité sur l’Antarctique relatif à la protection de l’environnement entre en vigueur le 14 janvier 1998. L’Annexe V au Protocole, portant sur la protection et la gestion des zones, fait l’objet d’un processus d’adoption séparé, et n’entre pas encore en vigueur.

Un atelier sur les zones protégées est organisé à Tromsø, en Norvège.  Un résumé du rapport de l’atelier est présenté au CPE I dans le document XVIIe RCTA/WP26.

Le CPE reconnait que les zones protégées de l’Antarctique devraient être examinées dans le contexte plus large de la protection accordée à l’Antarctique par le Protocole et les annexes I à IV ainsi que de la protection fournie par l’Annexe V. Il indique qu’il convient de prêter une attention particulière à la protection de zones où la faune, la flore ou d’autres valeurs courent un risque élevé d’être endommagées par les activités humaines, et qu’il existe des lacunes dans le système, puisque certaines catégories de zones protégées telles que celles présentées dans l’article 3, paragraphe 2, de l’Annexe V sont peu ou pas représentées.

La XXIIe RCTA adopte la Résolution 1 (1998), qui identifie les Parties consultatives au Traité sur l’Antarctique comme étant responsables de la révision et de la préparation, selon le format de l’Annexe V, des plans de gestion pour les zones protégées.

La Réunion adopté également la Résolution 2 (1998), qui recommande que les personnes impliquées dans la préparation ou la révision des plans de gestion utilisent le Guide pour l’élaboration des plans de gestion des zones spécialement protégées de l’Antarctique.

La XXIIe RCTA adopte la Décision 4 (1998) Zones marines protégées, qui contient une procédure devant être renvoyée à la CCAMLR, selon les cas, des plans de gestion pour les ZSPA et les ZGSA qui comprennent des aires marines.

1999 :

Un deuxième atelier sur les zones protégées de l’Antarctique est organisé au Pérou. Un résumé du rapport de l’atelier est présenté au CPE II dans le document XXIIIe RCTA/WP37.

2000 :

Le CPE III adopte les Lignes directrices pour l’examen par le Comité pour la Protection de l’environnement des projets de plans de gestion nouveaux et révisés des ZSPA et ZGSA.

La XIIe RCSTA adopte la Résolution 1 (2000), qui recommande que les Lignes directrices pour l’application de l’article 3 de l’Annexe V du Protocole au Traité sur l’Antarctique relatif à la protection de l’environnement- Zones spécialement protégées de l’Antarctique soient utilisées par les personnes impliquées dans l’élaboration de propositions de zones spécialement protégées de l’Antarctique.

2002 :

Annexe V du Protocole au Traité sur l’Antarctique relatif à la protection de l’environnement :Protection et gestion des zones entre en vigueur le 24 mai.

La XXXVe RCTA adopte la Décision 1 (2002), qui présente un système de nomenclature et numération pour les ZSPA et les SISS en tant que zones spécialement protégées de l’Antarctique (ZSPA) et pour numéroter les ZSPA. La Réunion a également adopté la Résolution 2 (2002), qui rappelle la Résolution 1 (1998) et appelle les Parties à présenter des plans de gestions révisés dans le format de l’Annexe V par le biais du VIIe CPE (2004).

2003 :

Le VIe CPE adopte la version révisée des Lignes directrices pour l’examen par le Comité pour la Protection de l’environnement des projets de plans de gestion nouveaux et révisés des ZSPA et ZGSA.

2005 :

La XXVIIe RCTA adopte la Décision 9 (2005), qui contient une procédure qui doit être renvoyée à la CCAMLR, selon les cas, des plans de gestion pour les ZSPA et les ZGSA qui comprennent des aires marines.

2007 :

Morgan et al. (1) publient la Version 2.0 du Rapport final Domaines environnementaux de l’Antarctique. L’Analyse des domaines environnementaux (ADE) est une répartition du continent antarctique en 21 régions distinctes, sur la base de huit couches de données spatiales explicites qui décrivent les aspects abiotiques de l’environnement antarctique (p. ex. température de l’air, vitesse du vent, rayonnement solaire, pentes, couverture terrestre et géologie).

Le Xe CPE convient d’établir un groupe test informel chargé d’examiner les projets de plans de gestions, nouveaux et révisés, renvoyés par le CPE pour la révision intersessions, et donne des avis aux auteurs et au CPE.

2008 :

La XXXIe RCTA adopte la Résolution 1 (2008), qui contient le Guide pour la présentation de documents de travail contenant des propositions de désignation de zones spécialement protégées de l’Antarctique, de zones spécialement gérées de l’Antarctique ou de sites et monuments historiques.

La XXXIe RCTA adopte également la Résolution 3 (2008), qui recommande que l’Analyse des domaines environnementaux pour le continent antarctique soit utilisée « de manière systématique et de concert avec d’autres outils acceptés dans le système du Traité sur l’Antarctique en tant que modèle dynamique pour l’identification de zones susceptibles d’être désignées comme zones spécialement protégées de l’Antarctique dans le cadre environnemental et géographique systématisé dont mention est faite au paragraphe 2 de l’article 3 du Protocole ».

La XXXIe RCTA adopte en outre la Résolution 4 (2008), qui encourage l’utilisation de la Liste de vérification pour faciliter l’inspection des zones spécialement protégées et gérées spéciales de l’Antarctique.

La XXIe RCTA appuie la proposition du CPE de créer un groupe subsidiaire pour les plans de gestion (GSPG) afin que celui-ci examine les plans de gestion nouveaux et révisés renvoyés par le CPE pour une révision intersessions, donne des conseils aux auteurs et au CPE et oriente ce dernier, le cas échéant pour améliorer les plans de gestion et le processus de révision intersessions.

Le XIe CPE adopte la version révisée des Lignes directrices pour l’examen par le Comité pour la Protection de l’environnement des projets de plans de gestion nouveaux et révisés des ZSPA et ZGSA.

Le CPE adopte un plan de travail quinquennal qui identifie comme question de priorité 1 le « traitement de plans de gestion nouveaux et révisés pour les zones protégées/gérées » et comme question de priorité 3 l’« Aperçu du système de zones protégées ».

2010 :

Lors du XIIIe CPE, le SCAR présente le document XXXIIIe RCTA/WP3, qui donne une évaluation préliminaire de la correspondance de l’ADE avec les modèles repris dans les données spatialement explicites sur la biodiversité disponibles dans la Base de données du SCAR sur la biodiversité. Le SCAR conclut que, sur une résolution spatiale grossière, les domaines environnementaux libres de glace identifiés dans l’ADE reflètent effectivement les différences entre les assemblages biotiques, et peuvent être considérés comme une évaluation utile de premier ordre d’une variation probablement systématique de la biodiversité. Il conclut également qu’il serait nécessaire de compléter l’ADE avec des données sur la biodiversité afin de pouvoir mener des analyses utiles à des échelles spatiales plus fines généralement utilisées pour la conception des zones protégées.

2011 :

Un atelier du CPE sur les Zones gérées spéciales marines et terrestres de l’Antarctique s’est tenu à Montevideo, en Uruguay. Le rapport de l’atelier est soumis au XIVe CPE dans les documents XXXIVe RCTA/WP6rév1 et XXXIVe RCTA/IP136.

Conformément à l’avis du CPE, la XXXIVe RCTA adopte la Résolution 2 (2011), qui comprend une version révisée du Guide pour l’élaboration des plans de gestion des zones spécialement protégées de l’Antarctique.

2012 :

Terauds et al. publient (2) un document intitulé Conservation biogeography of the Antarctic qui identifie 15 grandes régions de conservation biogéographiques de l’Antarctique (RCBA) libres de glace biologiquement distinctes, et suggère que ces zones devraient être pleinement représentées dans un système de zones protégées terrestres de l’Antarctique afin de saisir la biodiversité du continent.

Sur avis du CPE, la XXXVe RCTA adopte la Résolution 6 (2012), qui recommande que les Régions de conservation biogéographiques de l’Antarctique soient utilisées « de concert avec l’analyse des domaines environnementaux et les autres outils acceptés dans le système du Traité sur l’Antarctique pour soutenir les activités utiles aux intérêts des Parties, notamment en tant que modèle dynamique pour l’identification de zones susceptibles d’être désignées comme zones spécialement protégées de l’Antarctique, dans le cadre environnemental et géographique systématisé dont il est fait mention au paragraphe 2 de l’article 3 de l’Annexe V du Protocole relatif à l’environnement ».

2015 :

Sur l’avis du CPE, la XXXIXe RCTA adopte la Résolution 5 (2015), qui demande au CPE de donner des informations actualisées au RCTA sur la façon dont les les zones importantes pour la conservation des oiseaux (ZICO) identifiées dans un rapport sur les Zones importantes pour les oiseaux en Antarctique sont, ou devraient être, représentées au sein du réseau des zones spécialement protégées de l’Antarctique, en particulier celles qui pourraient être définies comme « colonies majeures d’oiseaux reproducteurs indigènes ».

Le XVIIIe CPE adopte les Lignes directrices : Processus d’évaluation préalable pour la désignation de ZSPA et de ZGSA, qui visent à : impliquer toutes les Parties dans le processus de désignation de nouveaux sites ; reconnaitre que toutes les ZSPA et ZGSA sont désignées de manière intentionnelle ; aider les Membres à préparer des plans de gestion en permettant les retours et les commentaires d’autres Membres plus tôt dans le processus ; et faciliter l’examen d’un développement systématique du système de zones protégées, conformément à l’article 3 de l’Annexe V du Protocole, et en tenant compte des conséquences du changement climatique.

2016 :

Terauds and Lee publient (3) un document intitulé Antarctic biogeography revisited: updating the Antarctic Conservation Biogeographic Regions qui rend compte des travaux visant à réviser les RCBA afin de refléter les représentations les plus récentes des régions libres de glace de l’Antarctique (Base de données numérique antarctique du SCAR couche d’affleurement rocheux, Version 7). Les nouvelles analyses, établies d'après les données actualisées sur les régions libres de glace et comparant la structure et la composition des communautés dans toutes les RCBA, identifient une RCBA supplémentaire (16e) dans les montagnes du Prince Charles. Cette version actualisée des RCBA (RCBA, version 2) couvre toutes les zones libres de glace de l’Antarctique.

Sur l’avis du CPE, la XXIXe RCTA adopte la Résolution 5 (2016) Guide révisé pour la présentation de documents de travail contenant des propositions de Zones spécialement protégées de l’Antarctique, de Zones gérées spéciales de l’Antarctique ou de Sites et monuments historiques, qui révise la page de garde du Modèle A d’un document de travail sur une ZSPA ou ZGSA pour inclure des questions liées aux RCBA et aux ZICO.

2017 :

Sur les conseils du CPE, la XLe RCTA adopte la Résolution 1 (2017), qui recommande que le Guide pour l’évaluation d’une zone en vue de sa désignation éventuelle en tant que Zone gérée spéciale de l’Antarctique soit utilisé par ceux qui sont impliqués dans l’évaluation d’une zone pour une éventuelle désignation en tant que ZGSA, et que les Lignes directrices pour l’élaboration des Plans de gestion des ZGSA soient utilisées par les personnes impliquées dans la préparation ou la révision de plans de gestion pour les ZGSA.

Sur avis du CPE, la XLe RCTA adopte la Résolution 3 (2017), qui recommande que les Régions de conservation biogéographiques de l’Antarctique soient utilisées « de concert avec l’analyse des domaines environnementaux et les autres outils acceptés dans le système du Traité sur l’Antarctique pour soutenir les activités utiles aux intérêts des Parties, notamment en tant que modèle dynamique pour l’identification de zones susceptibles d’être désignées comme zones spécialement protégées de l’Antarctique, dans le cadre environnemental et géographique systématisé dont il est fait mention au paragraphe 2 de l’article 3 de l’Annexe V du Protocole relatif à l’environnement ».

Le XXe CPE adopte une révision des Lignes directrices :Processus d’évaluation préalable pour la désignation de ZSPA et de ZSGA, pour intégrer un modèle d’évaluation préalable facultatif pour le ZSPA visant à aider les auteurs à fournir des informations détaillées dans les lignes directrices pour les ZSPA potentielles.